Toute la vérité sur le blogue

Je reçois beaucoup de questions sur c’est quoi vivre de son blogue, comment réussir à faire de l’argent avec son blogue, etc. Plusieurs personnes de mon entourage ne comprennent pas vraiment par quoi mes journées sont remplies (« Mais tu passes ta journée sur les médias sociaux? »). C’est vraiment génial-malade-mental-incroyable d’être blogueuse, je capote chaque matin en ayant la chance de faire de ça mon gagne-pain, mais ça vient aussi avec des moins bons côtés.

Je vous partage beaucoup ma vie personnelle, alors pourquoi pas ma vie de blogueuse?

D’abord, sachez que je vis humblement avec le blogue. C’est mon projet/revenu principal, mais j’ai aussi une autre entreprise, Fit Hippie. Pour vivre uniquement du blogue, je dois constamment penser à de nouveaux projets et de nouvelles idées pour amener Bulles & Bottillons au prochain niveau (comme l’Académie du blogue ou comme la papeterie). Au Québec on a tendance à se sentir mal de vouloir faire de l’argent (moi la première) mais câline, faut les payer ces factures-là! Faque des projets payants, ça en prend.

Comment on fait de l’argent avec un blogue?

D’abord, il y a la pub. On ne s’en sort pas. Mais ce n’est plus ce que c’était (dans les débuts des blogues, les gens vivaient souvent juste de ça). Aujourd’hui, il y a tellement de blogues que les revenus publicitaires sont un peu une joke. J’ai déjà eu un chèque de UNE CENNE!

Ça prend en moyenne 5 mois avant d’être payée. Même plus. Mon ancienne régie publicitaire avait pris près d’un an avant de m’envoyer mon premier chèque. Il avait fallu une menace de mise en demeure pour finalement être payée! C’est différent pour chaque blogue, ça dépend de pleins d’affaires, mais moi je gagne en moyenne 50 $ par mois. (Ou une cenne ahah). On s’entend, on ne va pas loin avec ça. Même que j’ai décidé de retirer la publicité de mon site, pour promouvoir mes propres produits. Suffit de vendre un e-book et je viens déjà de faire plus que mon revenu publicitaire du mois.

Le plus gros des revenus vient souvent des articles commandités. J’essaie toujours de bien choisir les articles commandités que je publie (t’sais j’ai déjà eu des demandes pour parler de savon désinfectant pour mains ou de REEE pour les enfants…). La tentation est parfois forte d’avoir un p’tit 300 $ de plus, mais je n’aime pas quand ça flash trop en gros genre « ok wow, elle a clairement juste pris cet article-là pour se faire du cash ». Je trouve qu’il y a des blogues que c’est juste ça et ça ne me tente pas de devenir ainsi. Je ne veux pas non plus être un blogue qui fait JUSTE des partenariats, alors je n’en choisis pas non plus trop par mois.

Ça, se sont les deux avenues « traditionnelles » pour avoir des revenus avec les blogues. Il y a eu un très gros shift dans le domaine, passant des revenus publicitaires aux revenus commandités. Comme la pub ne rapporte plus, les blogueuses doivent se tourner vers les articles commandités. Le contenu qui était 100 % « authentique » l’est maintenant à 75 %, par exemple.

Les avenues moins traditionnelles sont propres à chaque personne et là, Sky is the limit! Pour ma part, j’organise des retraites, je vends des outils d’organisation, je fais des formations en ligne pour le démarrage de blogue et pour 2016, j’ai plusieurs GROS nouveaux projets qui s’en viennent super bientôt. J’ai tellement hâte!

Comment on obtient des articles commandités?

Il y a deux façons. Ou bien les compagnies m’approchent sans que je n’ai rien à faire (hallelujah!) ou bien j’approche les compagnies et essaie de me vendre le mieux possible.

Ce qui est fantastique quand les compagnies m’approchent, c’est que normalement, elles le font avec un budget en tête. C’est pour un article COMMANDITÉ, donc, il devrait y avoir un revenu en bout de ligne.

Par contre, le Québec est TELLEMENT en retard sur le reste du monde dans le domaine blogueurs, c’est vraiment frustrant. Voyez vous, à peu près partout ailleurs, si une compagnie veut travailler avec un blogueur, elle sait qu’elle devra payer. Avec un blogueur un minimum établi, c’est certain, mais pareil. Plus tu approches quelqu’un qui peut te faire du contenu de qualité et qui a la bonne audience, plus tu dois t’attendre à payer cher.

Attention, les petites entreprises d’ici et les start-up, je comprends qu’elles n’ont pas encore le budget pour le faire. C’est pourquoi je vais souvent parler d’elles sans compensation financière et sans hésitation. Ou peut-être en échange d’un beau maillot ;)

Mais les multinationales qui ont des millions de chiffres d’affaire? Non. S’cuse moi là, mais t’as full de cash pi tu veux que je te fasse de la pub super bien ciblée, gratuitement? Tu veux que je prenne genre 5-6 heures de mon temps pour monter un article custom sur ta compagnie et que je pousse ça sur tous mes médias sociaux en échange de 10 $ de marchandise? ME NIASES-TU? C’est comme si j’allais chez mon dentiste et que je lui disais « Hey, veux tu m’arracher les dents de sagesse gratuitement? En échange, je vais aller liker ta page Facebook. »

C’est une gros travail d’éducation à faire envers les compagnies. Quand j’en approche une, ça prend souvent une dizaine de courriels échangés, un beau document monté, à expliquer pourquoi ils devraient faire affaire avec moi et pourquoi ils devraient me payer. Il faut relancer longtemps et souvent, ça peut prendre des semaines, voire des mois. Et genre 90 % du temps, je finis juste par me faire répondre qu’ils ont pas de budget. Ils ont du budget pour faire des publicités télé et dans les journaux, mais ils n’ont pas une cenne pour commanditer un article fait sur mesure sur eux, à leur public cible? Ah ok. Ben non merci.

J’apprends à dire non. Ce n’est pas facile, mais je m’améliore. Tu as le budget pour payer, mais tu ne veux pas? Alors on ne travaillera pas ensemble. Va voir des blogues plus petits, moins sérieux ou moins bien ciblés.

Heureusement, il y a des compagnies comme La Grosse Business (je les aime d’amour) et Sheblogs qui s’occupent de faire le pont entre compagnies et blogueurs. Donc eux m’écrivent pour me dire « Hey y’a telle campagne qui pourrait fitter avec ton blogue, ça te tente-tu? ». Ce sont eux qui négocient le cachet et qui échangent avec la compagnie. La seule chose, c’est qu’on ne peut pas uniquement se fier à ça, parce que ça n’arrive pas si souvent. Donc il faut continuer d’approcher des compagnies par soi-même.

Et finalement, attendez-vous à courir après votre argent, tout le temps. Être payée prend rarement en dessous de 30 jours et vraiment souvent, pas mal plus que ça. C’est la réalité de tous les travailleurs autonomes, donc des blogueurs aussi.

Les courriels, les invitations et les produits gratuits

Oui, être blogueuse, ça finit par vouloir dire que tu te fais inviter partout et que tu reçois beaucoup de produits gratuits. C’est vraiment cool, mais ça ne paye pas les factures.

Il y a des compagnies super gentilles et qui comprennent que c’est pas parce qu’ils m’envoient un produit que je leur dois la lune.

Mais y’en a d’autres… OH BOY. First, je dois recevoir 40 communiqués de presse par jour. Juste un communiqué de presse là, pas un produit, pas une invitation. Un communiqué qui explique que telle grosse compagnie vient de lancer une nouvelle collection et est-ce que ça me tente d’en parler? Un blogue, c’est une business. J’y gagne quoi à parler de ton nouveau produit? Est-ce que mes lectrices vont aimer ça? Est-ce que ça va changer quelque chose pour elles? Tu veux que je parle de ta nouvelle collection de chaussures et que je l’endosse, mais tu ne m’en envoies même pas une paire, qui te coûte probablement 5 $ à faire faire, pour que je juge de la qualité, voir si c’est beau en vrai, etc. Je ne vais pas endosser aveuglément tous les communiqués que je reçois!

Certaines compagnies pensent qu’on a juste ça à faire ploguer des communiqués de presse sur nos blogues. Pis certaines sont crissement insistantes. (S’cusez le sacre). Genre qu’elles envoient juste un nouveau communiqué et te le renvoient 8 fois, toujours plus bête, en disant « ALLEZ-VOUS PARLER DE NOTRE NOUVEAU PRODUIT FINALEMENT??? »

(Insérez l’emoji découragé/air bête)

Si je ne t’ai pas répondu les 7 fois précédentes, c’est peut-être parce que ça ne me tente pas d’en parler et que ça fit zéro avec mon blogue.

Il y en a qui ne prennent pas 2 secondes pour faire une mini recherche sur le blogue à qui elles envoient. T’sais prendre 2 minutes pour aller voir Bulles & Bottillons a l’air de quoi comme blogue, quels sujets j’aborde, les grandes lignes de qui je suis, etc. Produits pour hommes… Don’t think so. Produits pour arrêter de fumer? (WTF) Produits d’hygiène féminine (Heu… non.)

Et puis c’est super gentil de m’envoyer un produit. Mais non, je ne vais pas automatiquement écrire un article là-dessus. Ou même juste en faire la mention sur les réseaux sociaux. Ceux que j’aime vraiment, oui. Ou que je teste vraiment, oui. Mais vous comprendrez que quand je reçois 8 produits capillaires, 3 eaux micellaires et 4 autobronzants dans la même semaine, je ne vais pas tous en parler. Peut-être éventuellement, mais pas à la seconde où je le reçois! Et il faut vérifier avec moi d’avance… M’envoyer un produit pour la peau grasse? (J’ai la peau sèche). M’envoyer du pain? (Je suis intolérante au gluten). M’envoyer une crème pour peaux matures? (J’ai 27 ans). M’envoyer quelque chose qui ne cadre pas avec mes valeurs? (Non au Made in China).

Il y a les événements aussi. Je n’habite pas Montréal. J’ai 1 h 30 de char à faire. Je n’ai pas vraiment d’amies à Montréal qui peuvent m’accompagner (j’en ai genre 2 et elles ont souvent autre choses à faire t’sais!). Je ne suis pas « glamour » pour 2 cennes (les trucs fancys dans le dernier endroit branché, avec le gratin montréalais, très peu pour moi. Ce n’est juste pas moi, que voulez vous!). Alors les chances que j’aille à l’ouverture de votre nouveau resto trendy sont vraiment minces.

Je sélectionne vraiment les événements auxquels je vais pour cette raison. Les plus petits, les plus cutes, les plus accessibles et ceux dont je suis vraiment susceptible de vous parler.

P’tit message aux compagnies

Les compagnies prennent vraiment juste trop les blogueurs pour acquis et omettent le fait que s’ils font bien leurs devoirs, c’est-à-dire de trouver des blogueurs qui matchent vraiment avec leur marque, on leur fait de la publicité ULTRA bien ciblée et vraiment directe. Ça a un prix ça.

Envoyer un communiqué, ça ne marche pas. Envoyer un produit à 300 blogueurs? Oui, sûrement que quelques-uns vont le poster sur Instagram. Mais est-ce que ce sera de la « bonne manière » et au bon public cible? Pas nécessairement. Arrêtez de faire de la communication de masse avec les blogueurs et adoptez une approche one-on-one. Faites vos recherches, ciblez quelques blogueurs qui sont exactement ce que vous recherchez et développez une collaboration authentique avec eux. Visez le long terme. Un article, c’est éphémère. Un partenariat à long terme, ça transforme un blogueur en un ambassadeur pour votre marque et ça, ça a un prix.

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J’espère que ça vous éclaire un peu sur mon quotidien et sur c’est quoi être blogueuse? (Et les compagnies, j’espère que ça vous aide un peu aussi!).

Si le démarrage de blogue vous intéresse, je vous invite à vous inscrire à mon cours gratuit sur le démarrage de blogue! Il y a un beau formulaire pour ça, juste en dessous ^_^

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  • Très bon article Josée-Anne! C’est vrai que le Québec est très en retard sur le reste du monde pour ce qui est des blogues. Les gens préfèrent m’envoyer des commentaires par courriel plutôt que de les écrire sur le blogue, parce que c’est moins gênant! Bloguer au Québec, c’est plus un passe-temps qu’un travail. Personnellement, je le fais pour le plaisir de partager ce que j’aime et je ne compte pas faire d’argent avec ça.

    • Merci pour ton commentaire Michelle :)
      Ça peut devenir un travail, si on le souhaite. Mais je pense qu’il faut redoubler d’efforts (déjà que ça en prend beaucoup!) comparativement disons aux États-Unis, en Europe ou même, dans le Canada anglais. Bravo de bloguer pour le plaisir! Qui sait, peut-être qu’un jour ça te fera un petit « side-line » :)
      Moi j’aime tellement ça que j’ai décidé d’essayer d’en faire mon travail. Ce n’est pas facile, mais ça s’en vient!

  • Merci pour cet article. Ça démystifie bien des choses!

    Par contre, n’as-tu pas peur de te mettre à dos certaines entreprises en lançant un tel message – qui risque de réduire de beaucoup le nombre de compagnies qui pourraient travailler avec toi?

    Don’t get me wrong: ça prend beaucoup de courage pour être soi-même dans la vie, et ça prend encore plus de courage pour l’écrire noir sur blanc dans un espace publique. Tu sais visiblement ce que tu veux et qui tu es, et c’es très rafraîchissant. Bravo!

    P.s. par curiosité, tu habites dans quelle ville maintenant que tu es en campagne? :)

    • Merci beaucoup pour ton commentaire Caroline :)
      Hum… je me suis toujours vue comme quelqu’un d’ouvert et de franc. Et pour moi, avoir un blogue personnel, c’est ce que ça veut dire. Si ça dérange une compagnie, c’est qu’elle n’est simplement un bon match avec moi. Je ne voudrais pas travailler avec une marque pour qui je dois me censurer. Et pour l’instant, je te dirais que chaque fois ou j’ai refusé un article commandité parce que ce n’était pas payant (sauf avec les petites entreprises d’ici), la personne l’a très bien pris et comprenait. On s’est simplement dit « à un prochain projet » :)

      Ahah j’habite à Athlestan, qui est dans Hinchinbrooke. Je suis juste à côté de la frontière américaine, complètement au Sud du Québec. Pour te situer, si tu sors à Chateauguay, je suis à 45 minutes de là, sur les routes de campagne, vers le Sud. :)

  • Bonjour Josée-Anne,

    Merci pour cette article, vous donnez toujours de bons conseils, vous êtes d’une grande aide.

    Pierrot

  • J’ai vu ton article dans les commentaires d’un de mes textes. Je suis tellement contente de lire une Québécoise qui affiche ses couleurs! Je suis intéressée par les moyens qui peuvent augmenter les revenus de mon blogue, tout en restant cohérente avec mes valeurs. J’observe ce que je vois autour de moi. Souvent, je ne me reconnais pas (je n’ai pas envie de sonner infopub), Rarement, je tombe sur un texte comme le tien, qui m’inspire Merci!

  • Super article! Merci d’être si authentique. Je me suis d’ailleurs inscrite! C’est encourageant de voir des blogueuses comme toi.
    Continue!

  • Vraiment cool comme article et surtout super drôle. J’ai vraiment aimé ça et ça m’a donné envie d’aller voir le reste de ton site :)