On jase de GIRL POWER avec Marie-Lise Pilote

Marie-Lise Pilote est humoriste, comédienne (histoire de fiiiiiiilles), animatrice, entrepreneure, porte-parole et overall awesome. Son entreprise Pilote & Filles a récemment soufflé ses 5 bougies et lancé des micro-boutiques Pilotes & Filles dépôt chez plusieurs grands détaillants partout au Québec.

(Si vous ne connaissez pas, Pilote & Filles, c’est une compagnie de vêtements et d’accessoires de travail pour femmes. Bottes à cap d’acier rose, chienne faite pour accueillir nos courbes, outils, vêtements approuvés pour travailler sur les chantiers, etc. C’est une entreprise vraiment l’fun, qui permet aux femmes qui pratiquent des métiers non traditionnellement féminins d’assumer leur féminité, même sur les chantiers! Et c’est aussi pour madame tout le monde, qui veut avoir des vêtements/accessoires pour travailler autour de la maison sans emprunter ceux de son chum ou condamner de ses vêtements à elle).

pilote-et-filles-chienne-grise

La fameuse chienne, disponible ici.

Donc dans le cadre du lancement des Pilote & Filles dépôt, j’ai eu la chance de jaser avec Marie-Lise. Une belle conversation franche, agréable, sympathique et honnête, pendant plus de 30 minutes. Voici ce qu’elle avait à nous jaser concernant ses implications, qui sont très inspirantes, soit-dit en passant.

Tout d’abord, peux-tu nous expliquer ce qui t’a menée à lancer Pilote & Filles?

Ça a parti d’un besoin, d’abord. Pendant les 7 années de Ma Maison Rona, je ne trouvais jamais rien pour les femmes. Je devais prendre du linge de gars, ou encore des vêtements de tous les jours que j’adaptais pour le chantier tant bien que mal. Même les stylistes avaient de la misère à comprendre les besoins des chantiers de construction. C’est né d’un besoin parce que veut veut pas, on n’est pas fait pareil les hommes et les femmes. Prends juste le mollet par exemple, on a le mollet plus gros, on a les pieds plus étroits. Je rêvais de vêtement adaptés pour les femmes. Seule je n’aurais pas pu faire ça, je n’avais pas l’expertise. C’est là que la gang de NAT’S est arrivée. C’est vraiment un travail d’équipe.

Quel est ta plus grande fierté avec Pilote & Filles?

Je dirais le côté rassembleur. Ma plus grand fierté, c’est d’avoir répondu à une demande qui existait. Je trouve ça l’fun d’avoir maintenant des vêtements  pour ça. En plus, nous sommes la seule collection au Canada! Je suis fière aussi de l’influence que peut avoir Pilote & Filles pour faire connaitre les métiers non traditionnels. Simplement que des jeunes filles voient nos bottes à cap d’acier rose : elles les trouvent belles, puis se posent des questions sur ce qu’elles pourraient faire avec. Ça allume cette petite lumière-la, comme quoi ça existe des métiers non traditionnels et que les filles peuvent très bien les faire aussi!

Tu es également impliquée avec Chapeau Les filles, quel est ton rôle avec cet organisme?

[Chapeau Les Filles est un concours de bourses pour encourager les étudiantes des milieux non traditionnels féminins]

Quand on m’a demandé de devenir porte-parole, après avoir animé un gala, j’ai tout de suite dit oui parce que j’avais trouvé ça très touchant de rencontrer ces jeunes filles-là. J’avais jasé avec elles et je leur avais fait un speech sur l’importance de se tenir en tant que filles, qu’elles sont des pionnières, qu’il est important de s’encourager les unes les autres.  Je m’étais beaucoup reconnue dans elles.

Depuis ton implication dans l’univers des métiers non traditionnels, vois-tu certains changements?

Oui! Je dirais bien que Pilote & Filles c’est juste une collection de vêtements de travail, mais j’ai l’impression que ça aide aussi à faire évoluer les mentalités. On vend du rose parce qu’il fallait qu’on se démarque, qu’on prenne de la place et le rose, c’est la couleur de la femme veut veut pas. On a plein d’autres couleurs, mais bizarrement, c’est vraiment le rose qui se vend le plus.

Les femmes dans les métiers non traditionnels depuis 15-20 ans ne porteront pas du rose. Mais les jeunes ont une envie de s’afficher comme ça se peut pas! Ça m’épate à chaque fois de les voir étudier pour un métier non traditionnel et de s’acheter du rose. Elles ont vraiment envie de s’afficher. Ce sont des petites choses comme ça qui font évoluer les mentalités. Plus on va en parler, plus on va réussir à changer les mentalités.

Si la société veut que plus de femmes exercent ces métiers-là, c’est qu’il y a des raisons : d’abord il y a beaucoup de manque de main d’oeuvre. En plus, ce sont souvent des métiers plus payants que les métiers traditionnellement féminins. On aimerait avoir un jour l’équité salariale entre les métiers « masculins » et « féminins »,  on veut que les femmes prennent leur place dans ces métiers non traditionnellement pour elles, pour qu’elles gagnent mieux leur vie. Et aussi les femmes et les hommes se complètement bien dans le travail, peu importe le travail.

J’ai rencontré beaucoup de professeurs et ils me disent toujours que les filles et les gars ont des forces différentes. Les femmes sont plus minutieuses, ce qui apporte beaucoup plus de sécurité sur les chantiers. Elles ne sont pas gênées de ne pas faire quelque chose lorsqu’elles savent ne pas en être capable, alors que les gars vont le faire pareil par orgueil (rires). En plus, l’ambiance de travail est meilleure, c’est prouvé. Quand les filles rentrent sur un chantier, l’ambiance est plus vivable, plus saine. C’est aussi à souhaiter d’avoir plus de femmes dans des postes de direction! Nous avons des qualités féminines à apporter dans ces postes : en général, elles sont moins orgueilleuses, plus à l’écoute des autres, vont avoir tendance à plus prendre les opinions des autres en compte pour les analyser.

Si tu avais un conseil à donner à une jeune fille, que serait-il?

Si tu travailles dans un milieu masculin, n’essaie pas de devenir un gars. Reste une fille, avec toutes les qualités que cela implique. Oui, on a aussi beaucoup à apprendre des gars, parce qu’ils sont habitués à travailler en équipe. Les qualités des gars que j’ai prises à force de travailler avec eux, c’est de ne pas prendre les choses personnelles. Ils s’obstinent, pis quand c’est fini, ils vont diner ensemble et ne s’en veulent pas.

Mais il faut garder notre côté intuitif. Il ne faut pas essayer de compétitionner les gars dans leur milieu, il faut plutôt les compléter.

Je leur dirais aussi de développer leur complicité féminine avec les autres filles. C’est important quand on rentre dans un milieu masculin et qu’on a de la misère à faire sa place. Si une autre fille arrive, il faut l’aider, lui montrer qu’on est là pour elle et pour la soutenir. On n’a pas encore appris à autant se tenir que les hommes.

Faque les filles, serrez-vous les coudes!

**

Je vous invite à jeter un oeil aux collections de Pilote & Filles et allez voir ce que vous détaillants tiennent en stock (peut-être que vous avez même un Pilote & Filles dépôt pas loin!). Moi c’est sûr que les chemises à carreaux vont être sur ma liste au père Noël!

pilote-et-filles-chemise-rose

Cher Père Noël, moi je voudrais cette belle chemise s’il-vous-plait (en bleu aussi please).

Et si vous êtes dans un métier non traditionnellement féminin, bravo sérieux. Vous êtes inspirantes :) Et j’aimerais bien savoir vous êtes dans quel domaine. En tout cas, chapeau les filles! #GIRLPOWER

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *