La fois où je ne suis jamais revenue

Alors. Par où commencer han? Vous l’avez peut-être vu passer sur les médias sociaux, je n’habite plus au Québec. Je suis maintenant au Nicaragua, pour une durée indéterminée. Comment on en arrive là? Petit récit d’une fille brisée qui a fini par écouter son coeur.

Vous savez, les médias sociaux et le fait de bloguer, ça fait en sorte qu’on semble souvent vivre une vie idyllique. Je suis très transparente, alors je vous parle autant des bons coups que quand ça va moins bien. Depuis les derniers mois, certains trucs allaient très bien, mais d’autres me rongeaient de l’intérieur. Comme ça implique des gens près de nous, je n’osais pas en parler et je prenais sur moi.

Je n’avais jamais vraiment eu affaire à des gros conflits, des gens qui m’insultent, m’attaquent et me mettent à terre. Ça m’est arrivé l’automne passé et ça n’a jamais arrêté depuis. Or, ce sont des gens qui “venaient dans le package deal” si vous voyez ce que je veux dire. Je n’en dirai pas plus là-dessus, parce que je ne veux pas faire leur procès public et j’en ai assez de leur donner du pouvoir sur moi, alors je m’arrête là.

Ça faisait des mois que, malgré les apparences, je souffrais beaucoup, pleurait quotidiennement. J’ai tellement essayé de me battre, de passer par dessus, d’ignorer la situation, mais rien ne fonctionnait. J’avais été profondément blessée et j’étais incapable de guérir. Et je ne voulais pas réellement faire face à la situation, puisqu’au fond de moi, je savais quelle serait l’issue et je n’étais pas prête à faire face à ça.

Puis, viennent les retraites au Nicaragua, avec Fit Hippie, en avril. Vous savez, ce sont des semaines vraiment intenses au niveau émotionnel. On fait énormément de croissance personnelle avec les participantes et ça se répercute sur nous aussi. J’ai enfin pris le temps de réfléchir et de vivre ce que j’avais à vivre. Après quelques jours au Nica, je me réveille et j’ai une réalisation : je suis bien et heureuse, tout simplement. Et je peine à me souvenir la dernière fois où je me suis sentie comme ça. OUCH.

Plus les retraites avancent, plus je panique à l’idée de retourner à la maison, je ne veux pas! J’angoisse, j’ai besoin de plus de temps. Alors j’allonge mon séjour d’une semaine, pour prendre une semaine juste pour moi et réfléchir à tout ça.

Pendant cette semaine, j’ai beaucoup surfé, médité, fait du yoga et un traitement énergétique (reiki), où mon intention était simplement d’être guidée. Et puis j’ai eu ma réponse : ma maison, c’était ici, au Nicaragua. Ouf!! Terrifiée et énervée en même temps, j’ai commencé à laisser la réalité s’installer dans ma tête. WOW! Dès l’instant où cette décision a été prise, les choses se sont alignées de manière tellement plus simple.

Mais il y avait une chose horrible à faire avant. Et vous vous doutez ce que c’est. Vous êtes plusieurs à m’avoir écrit en privé me demandant “mais ton fiancé??”. Vous l’aurez deviné, chéri ne m’a pas suivie. Je savais que c’est ce qui se passerait. Son coeur, son entreprise, sa famille sont tous au Québec. Il n’a pas la bougeotte et est bien dans ses affaires. Voyager, ça ne l’intéresse pas trop. Et c’est bien correct comme ça! Mais moi, je ne pouvais plus rester prise dans ce mode de vie qui ne me convenait pas, entourée de gens qui ont tout fait pour me faire partir. Et ces gens étaient indissociables de ma douce moitié. Notre avenir ensemble, malgré notre amour, semblait vraiment impossible. Il ne voulait pas partir. Je ne voulais pas rester.

On fait quoi dans ce temps-là? Pour une des premières fois de ma vie, j’ai fait taire mon cerveau et j’ai seulement écouté mon coeur et mon intuition. J’ai pensé à moi, à ce qui ME rendrait heureuse. Et la réponse était bien simple : pas au Québec, pas ici. J’en avais eu assez, j’avais trop sacrifié. Là, c’était l’heure de penser à ma petite personne. Le soleil, la mer, le surf, la vie simple, ça m’appelait. Vraiment fort.

J’ai longtemps voulu tout laisser ici pour partir à l’étranger, mais il y avait toujours quelque chose (ou quelqu’un) qui m’empêchait, me retenait de partir. À 28 ans, je me suis finalement sentie prête à me donner la priorité pour faire ce que j’ai toujours voulu faire.

Je suis revenue 3 semaines au Québec pour faire tout ce qui devait être fait. Vous savez, ce n’est pas parce que c’était ma décision que ça a été facile. J’ai aimé Jeff de tout mon coeur. Ce n’est quand même pas pour rien qu’on était fiancé, on y croyait réellement à notre amour. Ça a été la chose la plus difficile que j’ai fait de ma vie. Puis, vidé la maison, vendu et donné pratiquement tout ce que je possédais, régler quelques trucs administratifs et BAM, aller-simple pour le Nicaragua.

Je suis ici depuis une dizaine de jours et même si ça n’a pas été facile, mon Dieu que je ne regrette pas ma décision. Je suis tellement bien! Heureuse, en paix, confortable. Je me sens chez moi. Le sourire ne m’a toujours pas quittée.

Je devrais être ici pour la prochaine année. Après? Aucune idée. On verra bien où la vie me mènera…

PS : Pour Bulles & Bottillons et Fit Hippie, mon déménagement ne changera rien, puisque je peux tout faire à distance :D Ma routine va changer pour s’adapter au rythme des marées et de la pura vida, mais sinon, je vais continuer de travailler sur mes projets, comme avant. Je reviens 3 semaines en septembre pour 2 événements Fit Hippie, on s’y croisera peut-être? :)

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  • C.est tellement inspirant de lire ça!

    Effectivement, depuis la dernière info-lettre, j’avais moi-même la question (qui en fait ne nous regarde tellement pas!) sur le bout des lèvres: « Mais le fiancé, lui? ». Merci de nous ouvrir ton coeur et de nous répondre, même quand ce n’est pas de nos affaires.

    Reste que je trouve le dénouement de ton histoire belle et inspirante. Tu t’es fait confiance, contre vents et marées, pour ton bien à toi. C’est beau, c’est grand. Tu as vraiment toute mon admiration, et je te souhaite une tonne de bonheur. Qui sait, peut-être irais-je te visiter l’an prochain? ;)

    Don’t worry, be happy!

  • « go for whatever makes you happy » qu’ils disent.
    tu auras compris ce que d’autres prennent une vie ou deux à comprendre

    ton bonheur > tout le reste

    xxxx

  • Wow.
    Tu es inspirante!
    J’ai deja du faire face à une decision pareil en amour et ça n’a pas du tout été facile. Chacun voulait poursuivre ses études dans des villes opposés, pas au Québec, rien de moins qu’au extrémité du Canada. Malgré tout, je ne regrette rien. Suivre son coeur sera toujours la bonne décision, peu importe les conséquences.
    Je te souhaite pleins de bonheur, tu le mérites amplement !
    Vend nous du rêve ave tes superbes photos ;)

  • Ce que tu vis me parle tellement!!! J’ai vécu la même chose…à lexception près que mon chum était prêt à embarquer dans mes folles aventures! Le seul hic, l’éducation de ma fille de 13 ans et le fait que son père « administratif, qu’elle ne voit jamais, n’aurait jamais autorisé un départ « prolongé » à l’étranger! Donc, on vit avec, on a coupé les ponts avec les « profiteurs, négatifs et langues de vipère » et avons mis la maison en vente pour s’acheter un condo au pied des pentes! Mais c’est que ça se loue très $$ un condo près d’un resort de ski :-). On voyagera donc l’été et à Noël et ds 4 ans, on part avec la puce pour un an en Asie et Nouvelle Calédonie! Tout grand voyage commence par un petit pas!
    P.S: suis également tombée en amour avec l’Amérique Centrale et c’est pourquoi on y retourne 2x par année!
    Bonne Chance! Tu as fais le bon choix, le bon choix pour toi!

  • Wow!!!!
    Je sais exactement comment tu te sens. J’ai voyagé au Nicaragua en novembre dernier (j’ai d’ailleurs passé 5 jours au Free Spirit!!!!) Et je me disais avant de partir… Peut-être que je ne reviendrai pas…. J’étais tellement bie là-bas! Je Mme suis tellement rapprochée de mon frère et sa copine, mais aussi rapprochée de moi. Comme toi, j’étais bien tout simplement! On a même discuté de s’acheter une petite maison là-bas tellement on se sentait bien. Nous avons visiter quelques endroits dans le pays et je pense avoir trouvé ma place. Popoyo. J’ai fait une rencontre extraordinaire. À mon retour, j’ai réfléchi et depuis je pense que c’est pour cette raison (qui s’appelle Erick) que je suis sur terre. Erick est un beau surfer sourd de naissance. Je retourne à Popoyo en août, pour le revoir et voir comment ça peut évoluer. J’ai une job payante et stable depuis 8 ans…. J’ai maintenant 32 ans et je n’ai rien d’autre que cette job…. je ne suis pas bien là-dedans depuis trop longtemps. Mais depuis novembre, il n’y a pas un jour sans que je pense à ce pays!
    Ton texte m’encourage tellement à repartir et suivre mon coeur. Merci d’avoir partagé ton histoire avec nous. Et si tu as envie, viens me voir à Popoyo ☺️

  • Tu es une personne merveilleuse et tu dégages une joie de vivre incroyable! Ton histoire est inspirante, tu sais un peu à quel point je suis perdue et te voir te réaliser me donne du courage! Josée Anne tu as été une très belle découverte au nicaragua! Je te souhaite tout le bonheur du monde… Et je crois bien que tu aies trouvé une bonne partie :-) xxxxx Val

    • Awwww Valérie ♥
      Je suis tellement contente de t’avoir rencontrée, l’auberge est triste sans toi! J’ai hâte que nos chemins se recroisent et je ne suis pas inquiète pour toi. Promis, le meilleur est à venir. À bientôt ma belle ^_^ xxxxx

  • Je te dit Bravo !!! Qui sait, on ira peut être te rendre visite ? Raconte nous un peu comment tu as trouvé à te loger la bas ?? En tout cas, je trouve ça palpitant, et g é n i a l !!!

  • WOWOWOWOEOWOOE!
    je reviens de mon 36 jours du nicaragua. Un départ tant difficile! Jai rencontré de merveilleuses personnes, une deuxieme famille, meme si ce fut en peu de temps, nous avions une belle connection. De plus, j’ai reconnecté avec mes racines perdues ( mes parents sont du Perou, jai longtemps renier mes racines latines, pour moi il n’y avait que le Quebec qui importait!). Mon plus grand projet serait de retourner le plus vite possible avec un aller simple…. et profiter, y vivre un peu, le plus longtemps.
    ton post m’a beaucoup motivé, je tenais à t’en faire part. Ce qui me retient tant depuis ces années est: l’argent!!!!! Comment vivre ailleur sans argent. Bref, j’adore. Tu vis un grand rêve pour moi. Depuis si longtemps j’ai besoin de décrocher de montreal! Je ne m’y sens plus bien dans toute cette meme routine. J’aimais la Melissa, heureuse et inspirée qui se trouvais à Granada. Je l’aimerais pour toujours ma belle Montreal, mais j’ai besoin d’un gros changement. Je n’en peu plus.

    Bref, desoler de mon « vidage de sentiments », mais lire ton post m’a fait beaucoup de bien.
    Au plaisir de ce croisser au Nicaragua sous peu! hehe.

    Melissa !&

    • Allô Mélissa :)
      Que c’est beau de lire ça, bravo!! Je te souhaite tellement que ça fonctionne. Et si ça peut t’encourager pour l’argent, moi il y a deux choses qui m’ont énormément aidée. D’abord, couper toutes mes dépenses de « nord-américaine » : voiture, assurances voiture, plaques, téléphone, internet, abonnements en ligne inutile. Déjà, juste en faisant ça, ça a beaucoup allégé mes paiements chaque mois, il ne me restait que mes dettes d’études. La 2e chose, tu l’as probablement vu, ça ne coute pas grand chose vivre au Nica. Donc pas besoin d’économiser des milliers de dollars pour partir. Tu peux te trouver un petit emploi là-bas ou être bénévole en échange d’être logée/nourrie quelque part et voilà, tu n’as rien d’autre à payer que ton billet aller simple. Honnêtement, il y a tellement d’options et quand tu écoutes ton coeur, les choses se placent toute seules. Ça va bien aller.
      Je t’encourage fort et te fait un gros câlin!
      Josée-Anne xx

  • Tu es d’un tel courage. Bravo.
    La vie est un ascenseur émotionnel, on se pose des tonnes de questions, on n’ose pas. On regrette.
    Tu as tellement bien fait.
    Belle vie à toi.