Entrevue : la comédienne Juliette Gosselin et la réalisatrice Mélanie Charbonneau de la série Les Stagiaires

Les Stagiaires entrevue Bulles et Bottillons websérie

Les comédiennes Juliette Gosselin, Karelle Tremblay et Noémie O’Farrell. Crédit photo : Karine Dufour

La semaine dernière, j’ai reçu un courriel sur le lancement d’une nouvelle Web série : Les Stagiaires. Je suis curieuse et je me rends sur Youtube, où les vidéos sont hébergées. Je n’ai pas trop d’attentes et je me dis que je vais aller jeter un oeil, juste pour voir t’sais.

HÉ BOBOY.

Adieu ma belle productivité, bonjour la dépendance aux Stagiaires. J’ai enfilé les 5 épisodes back-à-back. Je ne pouvais pas m’arrêter. Quand j’ai eu fini, j’ai écrit à la gentille personne qui m’avait envoyé le courriel initial en état de panique/hystérie en demandant OMG MAIS LÀ SONT OÙ LES AUTRES ÉPISODES??????? (True Story).

Les Stagiaires, c’est l’univers de trois jeunes femmes (une blogueuse mode too cool for school, une fille un peu intense qui CAPOTE dont sur la mode et une graphiste lesbienne qui s’en sacre un peu, mais qui a besoin d’une job) qui obtiennent un stage dans un grand magazine de mode de Montréal. En juste 5 petits épisodes, on s’attache vraiment aux 3 filles (et on capote parce que il n’y a pas d’épisode 6 en ligne).

Les 5 mini épisodes sur Youtube sont en fait un projet pilote pour une série à la télévision. Je croise toutes les fibres de mon corps pour que ça fonctionne. Il fallait absolument que je vous parle du projet parce que c’est drôle, c’est bien écrit, c’est bien joué, ça s’écoute tout seul et qu’il faut montrer tout notre amour pour Les Stagiaires pour que ça devienne une émission de télé. Et là… Qui de mieux pour vous parler de cette série coup de coeur que la co-auteure/réalisatrice et une des comédiennes?

Juliette Gosselin est la comédienne qui joue le rôle de Clara, la blogueuse mode qui a genre 20 000 likes sur toutes ses photos Instagram. Mélanie Charbonneau est la co-auteure et la réalisatrice de cette série délicieuse.

Entrevue avec Juliette Gosselin

Juliette Gosselin Les Stagiaires entrevue Bulles et Bottillons

Photo prise sur la page Facebook de Juliette Gosselin. Crédit photo : Marjorie Guindon

Êtes-vous une férue de la mode et d’Instagram comme Clara dans la vie de tous les jours?

Je n’avais pas de compte Instagram avant le tournage de la websérie. Pendant le tournage, j’ai pris goût à ce que Clara appelle « la science » des selfies. Un peu honteusement, je dois avouer qu’on peut désormais me trouver sur Instagram! J’essaie de ne pas abuser de photos de ma face, parce que trop de selfies, ça devient rushant.

Férue de la mode, ça, par contre, ça ne date pas d’hier! J’aime, à travers les personnages, oser d’autres styles. Je trouve que la manière dont on s’habille est très révélatrice de qui on est ou de qui on souhaite être. Au cinéma comme à la télé, le costume est un outil tellement précieux pour caractériser les personnages.

 Où avez-vous été chercher l’inspiration pour jouer Clara?

Mélanie, la réalisatrice, nous a partagé ses nombreuses inspirations pour le vibe générale de la série : Girls, Frances Ha, Reality Bites, pour n’en nommer que quelques-unes. Mélanie et moi partageons une culture cinématographique très semblable et j’ai tout de suite compris ce qu’elle attendait de Clara. Elle m’a aussi montré un court métrage documentaire qui s’appelle #selfie, dans lequel deux jeunes filles nous expliquent avec beaucoup de conviction leurs techniques élaborées pour réussir un selfie. Clara est à mi-chemin entre elles et moi.

Est ce que vous vous êtes inspirées de blogueuses d’ici?

En préproduction, Mélanie m’a montré les comptes Instagram de quelques blogueuses. Celle dont le style de mon personnage s’inspire le plus, c’est Katia Nikolajew, une blogueuse méga audacieuse de la babine. Elle porte le bleu à lèvres comme pas une.

Pour ce qui est des skills de selfie, j’ai pris exemple sur ma grande amie Sarah-Maude (l’auteure du blog Les fourchettes) qui ne rate jamais une seule photo!

Qu’est-ce que vous aimez le plus de ce rôle?

L’évolution de Clara est super intéressante. En seulement cinq épisodes, elle change pas mal. Dans le premier, elle semble être une méga bitch. Elle parait froide et insipide. Cela dit, on comprend rapidement que c’est un peu un personnage qu’elle joue. En se liant d’amitié avec Laurie et Élisabeth, elle s’adoucit, devient plus humaine. Bien qu’en apparence, Clara soit la plus dégourdie des trois, on comprend qu’elle refoule un bon nombre de problèmes par rapport à son corps. Elle est plus complexe qu’on pense.

Et le moins?

Une fille stylée comme Clara, c’est pas fait pour les grands froids de février! Lors du tournage du générique, on passé une nuit à tourner sur St-Laurent et sur le Mont-Royal. Jean troués, petits bottillons et veste de poil, c’est pas chaud chaud. Les choix vestimentaires de mon personnage donne vraiment raison au dicton « il faut souffrir pour être belle. »

Quel est votre style dans la vie de tous les jours?

Black on black on black. Jeans taille haute, chandail ample, bottes noires. Assez simple.

Avez-vous une anecdote de tournage sur Les Stagiaires?

La séquence des trois filles qui font le party dans le bureau à la fin de l’épisode 4 est complètement improvisée. La musique et le montage rapide créent l’illusion qu’on tripe vraiment. En réalité, il n’y avait aucune musique et on ne savait pas trop quoi faire. On riait beaucoup pour camoufler notre gêne. Comme on s’entend super bien toutes les trois, on s’est vite déniaisées et ça a dérapé (un peu). Le body shot que j’ai bu entre les seins de Noémie (Laurie) n’a pas été gardé au montage, mettons…

 

Entrevue avec Mélanie Charbonneau

Mélanie Charbonneau Les Stagiaires entrevue Bulles et Bottillons

 Mélanie sur le plateau de tournage des Stagiaires. Crédit photo : Karine Dufour

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire et réaliser une web-série sur l’univers de la mode?

Je pense que la série aurait pu se passer dans un autre lieu de travail. Avec Les Stagiaires, je voulais explorer l’époque du début de la vingtaine. Quand on se lance dans le marché du travail, nos idéaux de la job de rêve se dégonflent assez rapidement.

Le milieu de la mode me permettait d’aborder des thèmes qui touche les jeunes femmes qui forgent leur identité à cette époque : la relation avec son corps et avec son image, l’amitié entre fille, la compétition, l’orientation sexuelle. C’est aussi un milieu attrayant. Si ça avait été dans un bureau de comptable, disons que c’étati moins glam!

Où avez-vous trouvé votre inspiration pour les personnages?

Il y a un peu de moi dans tous les personnages. Il y a aussi un peu de Geneviève Pettersen (la co-auteur) !

Elizabeth, c’est le côté Tom Boy, la femme/gars en nous. La fille avec des idées fortes, mais peu d’ambition. C’est la fille qui se cherche, se questionne autant sur son orientation sexuelle que sur sa place dans le monde.

Laurie, c’est le complexe de la région. La fille qui rêve d’être cool. La perfectionniste, qui veut faire tout parfaitement, comme lorsqu’elle faisait ses numéros de patinage artistique.

Clara, c’est la fille hyper consciente de son image. Elle surveille ce qu’elle mange, connaît l’art du selfie. C’est aussi la fille qui a du succès, celle que l’on jalouse.

 Vous êtes-vous basée sur certains magazines et/ou blogues d’ici?

C’est sur qu’on s’est inspiré de l’énergie de certaines blogueuses! Mais aussi de personnage de films. J’avais fait un mood board pour chaque comédienne de personnages de films pour s’inspirer. Ex. :  Winona Ryder dans Reality Bites pour Elizabeth,  Anna Kendrick dans Up in the air pour Laurie ou Mena Suvari dans American Beauty pour Clara.

Pour les looks, on s’est inspiré de certaines blogueuses : Katia Nikolajew, Camille DG, Babes in Velvet, Ton petit look.

La série aborde plein de « clichés »  de la mode, mais de façon super fluide. Jamais on ne lève les yeux au ciel, on rit souvent… comment avez-vous réussi ça?

C’est toute qu’une question! Y’a pas de recettes… Je vais essayer d’y répondre…

Tout d’abord, ça vient des textes. Ma partner d’écriture Genevieve Pettersen a le sens du dialogue qui tue! Elle m’impressionne. On écrivait beaucoup à deux. Donc, on lisait tout le temps le répliques à haute voix pour qu’elles sonnent juste.

Après aussi, on part de ce qu’on connaît. Quand Laurie lance « J’avais l’air de rien avec mes broches, pis mes lunettes » , ben c’était moi au secondaire ça… J’ai même montré ma photo horrible de secondaire 2 à Noémie O’ffarel, qui joue Laurie, pour qu’elle comprenne d’où ça venait.

Après, les comédiennes sont l’autre grande partie de la réussite. Elles incarnent magnifiquement leur rôle. C’est juste le bon dosage pour ne pas tomber dans le cliché. On a répété chaque scène avant le tournage pour rendre l’ensemble fluide. Quand on est arrivé sur le plateau, tout était placé.  La sauce prenait!

Comment était l’ambiance sur le plateau?

C’était vraiment le fun ! C’est vraiment un plaisir de voir les scènes prendre vie.

Il faut dire que Karelle, Juliette et Noémie et moi, on s’est liées d’amitié. Il y avait une confiance mutuelle forte et donc on créait vraiment ensemble!

Quel conseil donneriez-vous à une jeune femme qui souhaite devenir réalisatrice?

Il y a de plus en plus de femmes réalisatrices et c’est ce qu’il faut! Je pense que de se trouver un modèle est super important. Des réalisatrices comme Miranda July, Katherine Bigelow, Lena Dunham, Sophie Lorain sont pour moi des femmes qui m’inspirent à continuer, à faire ma place.

J’ai d’ailleurs commencé un Tumblr sur le sujet, afin de partager des modèles de femme réalisatrice :

http://www.lafemmealacamera.tumblr.com

Les stagiaires web-série Bulles et Bottillons

Merci à Juliette et à Mélanie pour leur généreuse entrevue! Maintenant, vite, direction Youtube pour visionner les épisodes des Stagiaires!

(Crédit photo Karine Dufour)

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