Déménager en France – premier bilan!

Ça fait déjà un mois qu’on a déménagé notre petite famille en France! Ça passe tellement vite, c’est incroyable. Ça n’a vraiment pas été de tout repos, surtout les quelques jours avant, pendant et après, mais je suis quand même surprise de la simplicité de la chose. Encore une fois, rien ne s’est passé comme prévu (sérieux, est-ce que ça arrive que les choses se passent comme prévu!?), mais comme d’habitude, on a lâché prise et on a suivi le flow.

D’abord, les quelques jours avant le déménagement ont été assez intenses, puisqu’on devait vider la maison où on était, la remettre dans son état initial, tout déménager chez mes parents et faire les valises. Avec un enfant de 3 mois. On pensait au départ être capables de partir avec seulement les valises auxquelles on avait droit (4 valises et 2 carry-on). LOL! On est finalement partis avec 2 valises surdimensionnées, 2 carry-on, nos 2 sac à dos, le sac à couche, la poussette, le siège d’auto et 5 grosses valises. OUF!

Avec du recul, l’arrivée à l’aéroport de Montréal a été comique. On s’est présentés 4 heures d’avance, pour être certains que tout puisse embarquer : heureusement! Finalement, on avait une valise qui était trop lourde de… 23 KILOS!!! Ahahah bravo à nous. Mon père est allé acheté une autre valise et on s’est mis à tout remanier pour que toutes nos valises aient le bon poids. La dame de l’accueil a tellement ri de nous quand elle nous a vu arriver! Mais elle a été super gentille, compréhensive et a travaillé fort pour qu’on ne paie pas 10 000 $ en extra (merci!).

Dans l’avion, Clara, cette enfant pleine de belles surprises, a été UN ANGE. Le vol nous stressait un peu. Imaginez passer 7 heures, de nuit, avec un bébé qui pleure tout le long. Mais elle a été calme dans mes bras, je l’ai allaitée au décollage, puis on l’a couchée dans la petite bassinette fournie par l’avion et elle a dormi jusqu’à l’atterrissage, où on l’a réveillée pour qu’elle boive. Quand la dame derrière nous a vu qu’on avait un tout petit bébé, elle a dit, bien exaspérée “ah non, j’espère qu’on pourra changer de siège, y’a un bébé devant nous”. BEN QUIN TOÉ MADAME, VOICI MON ENFANT PARFAIT! Ahahah! Non mais sérieusement à la fin elle m’a dit « mon Dieu on ne l’a pas entendue du vol, c’est fou! » (J’étais aussi surprise/soulagée que vous madame).

Clara qui dort dans l’avion ♥

Même branle-bas de combat à l’arrivée. On récupère les 9 valises et tout le tralala. Heureusement, le père de Stan (fouillez-moi comment) a réussi à nous rejoindre au terminal des bagages, donc il nous a aidé à tout récupérer, mettre sur les chariots et amener les-dits chariots.

Une fois à la maison, on a été surpris. Agréablement et pas mal moins agréablement. D’abord, on a adoré la maison! Il faut comprendre qu’on ne l’avait jamais vue en vrai. Seulement en photos (pas mal floues ahah). Le père de Stan avait eu la gentillesse (encore!) de la visiter pour nous et nous avait dit qu’on y serait bien. Donc oui, la maison était vraiment géniale. Petite, mais parfaite pour nous, 2 grandes chambres, un bureau, une petite cour (un jardin, pardon) et la pièce principale (salon, cuisine, salle à manger) la plus lumineuse qui soit. On voulait une maison super bien éclairée naturellement et on a été servis! C’est tout simplement magnifique. Dès qu’on a franchi la porte, on savait qu’on y serait bien.

Mais OH BOY qu’elle avait besoin d’amour.

Sale, sale, sale. Des toiles d’araignées partout, tous les éviers bloqués, une laveuse complètement moisie, un comptoir de cuisine pas fini, de la poussière partout, le système de ventilation dégoutant, la cour laissée à l’abandon depuis probablement 3 ans : Que des mauvaises herbes hautes au genou), des finitions plus que douteuses (la peinture à refaire partout, le baignoire brisée, les moulures mal mises, un vieux papier peint dégueux – nommé le donjon, posé directement sur le plâtre (#BRAVO). Bref. Vous voyez le genre!

Ajoutez à ça qu’on arrivait avec rien. Oui bon, 9 valises. Mais aucun meubles, rien pour remplir les armoires. C’était surtout les affaires de Clara, nos vêtements, un peu de livres, quelques cadres et mes herbes (hippie de même la fille). Et on a décidé qu’on s’équiperait uniquement en trucs usagés (je vous ferai un article juste là-dessus, en vous montrant le résultat final!), donc ça nous a demandé 4 fois plus de temps.

 

(Le tipi de Babilles & Babioles nous a suivi du Québec,  dans un sac à ski ahah! + vous voyez un bel exemple de la magnifique luminosité qu’il y a dans la maison)

Mais ça nous allait. Au lieu de capoter et de tout vouloir faire en quelques jours (mon style, d’habitude), on a décidé de ne pas stresser pour ça et de prendre notre temps, pour fouiller et trouver des items coup de coeur dans les brocantes, les ventes de garage et sur les sites de seconde-main. Et pour l’état de la maison, d’y aller une étape à la fois, sinon c’est beaucoup trop décourageant.

Ce n’est pas encore tout à fait terminé, mais on y est presque.

Déménager avec un bébé de 3 mois, ce n’est pas évident, mais quand on prend notre temps et qu’on suit son rythme, ça se fait très bien.

Et là, la France, c’est comment?

Alors, on est en Bretagne, sur la presqu’ile de Quiberon. On habite dans ce village de 6000 habitants, mais on est à l’extérieur du centre-ville dans un tout petit quartier trop mignon qui s’appelle Kerniscop. C’est sur une bande qui longe l’océan qui s’appelle la Côte Sauvage. C’est vraiment magnifique! Notre maison est au bout d’une impasse, donc derrière nous, c’est la forêt. Il n’y a donc jamais de voitures. Quelques vélos et quelques chevaux (un sentier passe devant chez nous), c’est tout. C’est hyper tranquille, on adore!

 

Ici, vous voyez, on est à 4 minutes à pied de la maison.

Et le plus beau… On est à 300 mètres de la mer. On y est à pied en 5 minutes. À marée basse, il y a même une plage et un spot de surf à cet endroit, qu’on a découvert cette semaine! (On capotait). Sinon, les endroits où on aime beaucoup surfer sont à 5 minutes de voiture. Le rêve!

Les paysages sont à couper le souffle, il fait beau chaque jour (on a eu une journée grise en un mois…!). Les nuits sont fraiches, mais le jour, il fait 25-30 degrés. On va à la plage et on surfe tous les jours. On prend des marches. On va au marché (j’ai une grande passion d’aller au marché ahah). Les gens sont super gentils et je ne me fais pas trop achaler avec mon accent. (Je suis agréablement surprise de ça!). J’ai déjà quelques marchands chez qui je vais chaque semaine qui me reconnaisse et avec qui je jase, c’est l’fun :) Clara s’adapte super bien aussi.

 

Un de nos nouveau spot de surf.

Je me sens en vacances depuis que je suis ici, je pense que c’est vraiment bon signe! Bon, il y a aussi eu le fait que ça a pris deux semaines avant qu’on aille internet, donc je n’ai pas travaillé pendant ces deux semaines. Mais encore aujourd’hui, je me sens tellement zen et sereine. C’est peut-être la mer? Le fait que j’ai décidé de travailler moins et de profiter plus?

Sinon, voici quelques observations / faits cocasses :

  • Presque chaque fois que je conduis, il y a un moment où je croise une voiture et je dois fermer les yeux parce que j’ai peur qu’on s’accroche. Les routes ne sont VRAIMENT pas larges.
  • Je suis un peu cowboy dans les ronds-points.
  • Y’a pas de moustiquaires. Tu ouvres les portes et fenêtres et c’est ça. Les bibittes rentrent et c’est normal. (Heureusement, il y a très peu de moustiques).
  • Parfois, on me parle spontanément en anglais quand on entend mon accent (!?)
  • Je me fais regarder croche chaque fois je que dis à Clara qu’elle est bonne. (Ici bonne = bien faite… oups!)
  • Les trottoirs sont également des places de stationnement acceptables.
  • Afficher les noms de rue et numéros de maison est quelque chose de TRÈS facultatif. Vraiment pratique quand tu vas chercher un meuble dans un village inconnu pour trouver ton chemin. NOT.
  • L’essence coute VRAIMENT cher. Je pensais que ça coutait cher au Québec, mais wow! Heureusement, on prend peu la voiture.
  • Le dimanche tout est fermé (mais ça, je trouve ça vraiment l’fun. Ça empêche de se rabattre sur le magasinage quand tu n’as rien à faire.)
  • Le soleil se couche super tard (il fait complètement noir vers 23 h 15), mais se lève tôt (6 h). Ça fait vraiment des belles journées!
  • Bon, ça je ne vous apprends rien, mais le vin et le fromage sont pas cher et tellement bons! YEAH!
  • On n’amène pas sa chaise à la plage, sauf si tu as 75 ans et plus.
  • Parfois, mais pas tout le temps, tu dois laisser passer les voitures qui arrivent d’une petite rue sur la droite. Même si tu es sur un chemin qui roule à 90. Genre tu sacres les brakes pour laisser passer la voiture. (!?) J’oublie souvent, j’avoue.
  • Y’a pas de casse-croute :(
  • Y’A PAS DE KALE!!! Ça, c’est la plus grosse tristesse d’être ici. Je suis en manque grave de kale. Quelqu’un veut m’en shipper?
  • Y’a des boulangeries partout, ça compense un peu pour le kale. Un peu.
  • C’est comme mal-vu d’avoir les cheveux rose/bleu/mauve/et compagnie. Mais si jamais je remets mes cheveux rose ou mauve, je vais le faire fièrement pareil.
  • Tout le monde se vouvoie spontanément, même les jeunes. Un pays poli!
  • Le rayon beurre de peanut se limite à… deux pots.

Alors voilà! On est bien contents d’avoir fait le move. On s’y sent bien et chez-nous. On a un peu hâte de se faire des amis, mais ça viendra. Sinon, ma mère nous rend visite demain (YAY!), la famille de Stan est venue la semaine passée, son papa est dans le même village que nous et on a des amis qui viennent en septembre. Et on revient 2 semaines en octobre pour le Camp Fit Hippie. On ne s’ennuie pas trop :)

N’hésitez pas si vous avez des questions ou des suggestions pour celles qui sont déjà venues dans notre coin. Et si ça vous tente de venir découvrir ce magnifique coin de pays, j’organise une belle retraite de yoga, méditation et paddle board en septembre. Tous les détails sont ici.

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  • Que de nostalgie de lire ces lignes!
    Ma Bretagne me manque! C’est toujours amusant de voir que des choses normales pour nous soient étonnantes pour d’autres. C’était la même chose à mon arrivée à Montréal!

  • ahaha j’ai beaucoup souri à la lecture de cet article. Première bonne nouvelle. OUI tu peux trouver du Kale. Il s’agit de demander du chou frisé… son doux nom en français! Mais ce n’est pas trop la saison donc sur les marchés il n’y en aura peut-être que plus tard!

    Pour les dimanches fermés, quand tu as connu ça toute ta vie, c’est vraiment cool d’arriver en Amérique du nord! Disons que de vivre en bord de mer rend peut-être la chose plus agréable! Je te souhaite de ne pas trop tomber accro du pain frais et de ne jamais vivre un dimanche sans baguette fraîche! :)

    C’est vraiment cool de découvrir ton déménagement dans ce sens, disons que ça change des français qui arrivent ici!

    Belle vie à vous 4!

    • Non je demande toujours du chou frisé (j’ai vite compris que kale ça ne passait pas ahah) et à date, il n’y a pas de producteurs dans mon coin qui en font. Mais bon, j’espoir qu’il en arrive plus tard, comme tu dis!

      Merci, c’est super gentil :) ♥

  • J’ai adoré la lecture de cet article, étant moi-même française expatriée au Canada ça me fait lire de les anecdotes à l’inverse !

    C’est une expatriation sur du long terme que vous faites ? En tout cas vous avez choisi un très joli coin de France. Tu peux trouver du kale principalement dans les magasins bio en France :)

    • Hihi merci Jessica :)
      À date tous les magasins bio où je suis allée n’en ont pas… Mais bon. Je ne perds pas espoir ahah!
      Et à long terme oui! Pas encore 100 % décidés à passer notre vie en France (le soleil nous appelle), mais partis du Québec pour de bon, ça je pense que oui. On aime beaucoup, mais ça nous prend l’océan.

  • Merci pour ce bel article. Profitez le plus possible de ces beaux moments de découverte. C’est toujours drôle les comparaisons quand on change de pays, Je me suis expatriée trois fois et avec le temps les difficultés sont loin derrières et les bons côtés restent ce que je retiens.
    Les quelques trucs qui m’avaient surpris en arrivant en France, c’est que les français disent tout le temps y a pas de souci… et moi je comprenais y a pas de saucisses (haha) en arrivant au Québec : les champs en sortant de Montréal (maintenant il y a le 10-30…) jusqu’à Sherbrooke, je ne comprenais pas que tant d’espaces puissent être laissés « vides » *mais j’arrivais de Tokyo. Puis à Sherbrooke de voir tous les câbles électriques aériens m’avait laissé sans voix.. Bon il y en a eu d’autres évidement.
    Bonne continuation à vous, soyez heureux !