Ce que j’aurais voulu savoir sur l’allaitement

L’allaitement. Je ne sais pas vous, mais moi, je ne voyais que de jolies choses concernant l’allaitement. Ça avait dont l’air magique, facile, agréable et les plus beaux moments à vivre avec bébé. Pour l’accouchement, je m’étais préparée mentalement : je savais que ça allait être très désagréable. J’ai lu, j’ai regardé des vidéos, j’ai fait des exercices pour faciliter les choses un petit peu. Mais l’allaitement? J’entendais juste de belles histoires. Je pensais que ça allait être facile. Oui, j’ai plusieurs personnes dans mon entourage pour qui ça n’avait pas fonctionné. Ah well. Je ne m’y suis pas attardée plus que ça… Parce que “ça devrait être facile, en ligne, c’est juste ça que je vois”. Bienvenue dans ma première claque dans face maternelle.

J’aurais vraiment aimé savoir ce qui m’attendait. Peut-être qu’en sachant que ça n’allait pas être facile, j’aurais été mieux préparée mentalement. Parce que là, j’ai pris un estique de débarque.

Premièrement, ça fait mal. Les premiers jours, tu te dis, c’est normal, on doit s’habituer, autant moi que bébé. Mais ça passe pas. MÊME QUE ÇA EMPIRE. Et quand je dis douleur, c’est pas juste un désagrément là. Genre que ça te fait “friser les orteils”. Tu peux même saigner de là. Oui oui! J’étais tellement crispée quand j’allaitais que j’avais mal à la tête 24/24. Et je finissais souvent en braillant, à boutte.

En plus, les premières semaines, tu fais juste ça. Tu allaites aux 2-3 heures. Mais t’es pas habituée, bébé non plus, alors ça prend genre une heure allaiter. Tu termines… Il te reste une heure pour te reposer avant que ça recommence.

J’étais dans un cycle de désespoir. Je voyais l’heure avancer et je redoutais ce qui s’en venait. Plus on approchait de l’allaitement, plus je me trouvais des choses pas rapport à faire, “que je devais absolument terminer là là” pour essayer de retarder ce moment un peu.

Tout le monde me disait “lâche pas, le pire est derrière toi!”. Mais même après la 3e, puis 4e, puis 5e semaine, ça faisait encore mal.

Sont alors venus les “hum… c’est pas normal que ça te fasse encore mal”. As-tu essayé [insérer interminable liste de conseils / professionnels à consulter]? On a fait de l’osthéo, Clara et moi. J’ai eu deux marraines d’allaitement. On a vu une infirmière spécialiste en lactation / allaitement. On a essayé la lanoline, la crème du Dr. Newman, le lait maternel. Laisser les seins à l’air libre. Les compresses lavables. Les compresses jetables de plusieurs marques. Rien n’y faisait. J’avais toujours mal.

Conseils pour un allaitement plus facile

Épinglez l’image dans votre tableau de maternité ^_^

 

Quand j’avais trop mal, je tirais mon lait et on lui donnait à la petite cup. Mais à un moment donné, Clara en a eu vraiment marre. Elle avait besoin de téter. On était à la semaine trois… J’avais lu partout (et m’étais fait dire) de ne pas intégrer de suce ou de biberon avant la semaine 6, pour ne pas nuire à l’allaitement. Bébé pourrait ne plus vouloir reprendre le sein après ça.

Mais aussi, le meilleur conseil que j’ai entendu et celui que je me répète sans cesse : la personne qui sait ce qui est le mieux pour son bébé, c’est sa maman. On connait notre enfant, on veut le meilleur pour lui. Il faut faire confiance à son instinct de mère (et de père!).

On a donc donné la suce à Clara. Ça lui a fait du bien et ça a donné un break à mes seins. (Elle continuait souvent de téter sans boire, ce qui me blessait encore plus).

Ça a fait du bien, mais ça n’a pas réglé le problème de douleur, malheureusement. Ma production de lait est dans le tapis, y’a au moins ça de bon. Donc ça va bien pour tirer mon lait. Mais là, pauvre petit bébé d’amour, elle en avait vraiment marre de boire à la cup. Ça nous faisait vraiment de la peine de lui donner mon lait comme ça. À ce moment-là, j’avais vraiment les seins maganés et je ne voulais pas lui redonner le sein tout de suite, j’essayais que ça guérisse un peu. Parce que j’étais vraiment à boutte. Encore là, on a fait confiance à notre instinct parental et on a fait l’impensable… On lui a donné un biberon.

Avec mon lait dedans, on s’entend. Mais on a pris le risque qu’après ça, elle ne veuille plus reprendre le sein. Rendu là, honnêtement, je m’en sacrais. Je me disais que j’aimais mieux tirer mon lait everyday all day et lui donner au biberon plutôt que de me faire démolir les mamelons. J’étais à boutte ahah!

Mais, on a bien fait de s’écouter. Clara a pris le biberon facilement et elle aimait ça 1000 fois plus que la petite cup désagréable qui coule partout. Elle buvait à sa faim, à son rythme et en tétant. Après, elle était calme et rassasiée, versus avec la cup, où elle terminait fâchée.

Mes seins ont guéri un peu et j’ai recommencé à l’allaiter. Et ça a fonctionné! Même après le biberon, elle a bien repris le sein.

Aujourd’hui, on en est à la semaine 8. J’allaite pas mal tout le temps, sauf quand on a des rendez-vous qui concordent avec ses heures de boire (je tire mon lait dans la voiture, en chemin ahah).

J’ai encore mal, mais ça s’améliore. C’est rendu juste désagréable. Même que parfois, ça ne fait pas mal du tout (OMG!).

Robe d'allaitement - vêtements de maternité - conseils allaitement

Robe d’allaitement BOOB design, disponible ici

Après toutes ces mésaventures, voici mes (humbles) conseils :

  • Écoutez-vous. Vous connaissez mieux votre bébé que quiconque.
  • Consultez une infirmière spécialiste en lactation/allaitement. Elles pourront vous expliquer pourquoi ça fait mal (dans mon cas : Clara a le palais très creux, donc tant que sa bouche ne grandira pas un peu, mon sein ne la remplira pas comme il faut. C’est pour ça qu’avec le temps, la douleur va en diminuant) et vous donner des conseils pour améliorer la situation (dans mon cas : j’ai un gros réflexe d’éjection – le lait sort fort et rapidement, au début. Et c’est assez pour bien la nourrir. Je la laissais forever accrochée avant, ce qui me blessait tout le temps pour rien. Maintenant, quand elle a terminé de boire après ce réflexe d’éjection, je l’enlève. Même si ça a juste pris 5-10 minutes, je sais que c’est assez. Et je reconnais de mieux en mieux ses signaux de faim et de satiété, YAY!)
  • Essayez de ne pas vous décourager, c’est vrai que ça s’améliore avec le temps. Vous allez devenir plus à l’aise, bébé aussi.
  • Et surtout : ne culpabilisez pas. Allaiter n’est pas facile. Naturel, oui. Mais facile, non. On a toutes des seuils de tolérance à la douleur différents, des histoires différentes et des bébés différents. Ça sera peut-être bébé fafa pour une amie et vraiment difficile pour vous (ou vice-versa). Faites votre possible. Vous voulez le meilleur pour votre enfant, c’est certain. Mais votre santé mentale est importante aussi. Ma mère a toujours dit : mieux vaut donner un biberon avec amour qu’un sein avec rage.

À propos des vêtements d’allaitement et des accessoires

Au début, je ne pensais pas avoir besoin de vêtements d’allaitement. T’sais, à la maison, je m’en fous d’avoir un vieux t-shirt que je lève au complet pour que Clara boive. Mais en public… Ouin. C’est pas mal moins pratique. Je préfère ne pas avoir le ventre tout à l’air, personnellement.

Pour m’équiper, c’est vers Berceau Maternité que je me suis tournée. C’est une boutique à Québec, mais également en ligne (YAY!) qui tient, entre autres, mes vêtements de maternité préférés, Boob Design. C’est une compagnie suédoise qui utilise des tissus biologiques et durables et qui font leurs vêtements en Europe. Les vêtements sont conçus pour faire pendant la grossesse et pour l’allaitement, avec juste un petit panneau discret qui se relève du chandail.

Ce que j’adore de Berceau c’est qu’ils tiennent de beaux vêtements. Personnellement, je n’avais jamais été ben ben impressionnée par les vêtements de maternité, je trouvais toujours ça ben quétaine ou ben ordinaire. Mais pas chez Berceau :D

Dans les accessoires que je vous suggère aussi :

  • Des bonnes brassières d’allaitement. Trois c’est vraiment le chiffre parfait pour moi, comme ça, elles sont toujours en rotation et j’ai le temps de les laver. J’en avais seulement deux au début, mais je me retrouvais toujours une journée pas de brassière, à passer à travers 12 chandails parce que mes seins coulent toujours.
  • Des pads d’allaitement. Je préfère les lavables, mais pour aider mes seins à guérir, j’ai utilisé quelques boites de jetables de marque Medela. Je m’étais fait dire qu’ils aident à la guérison, parce qu’ils gardent vraiment les seins au sec. Et c’est vrai. Je vois la différence. Mais maintenant que ça va mieux (YAY!), après cette boite, je vais retourner à mes pads lavables.
  • Un coussin d’allaitement. Personnellement, j’en ai eu besoin les 6 premières semaines environ. Maintenant je ne l’utilise plus. Donc si vous êtes capable, empruntez-le à une amie. C’est ce que j’avais fait et je suis bien contente de ne pas avoir dépensé pour / de ne pas être “pris” avec :)
  • Un tire-lait. Parce qu’allaiter c’est vraiment pas facile les premières semaines, vous serez contente de pouvoir vous donner un peu de répit en tirant votre lait parfois. Pour le donner à boire à bébé : des petites cup de plastique ou une seringue. Si vous finissez par lui donner le biberon, assurez-vous que ce soit avec une tétine pour nouveau-né, à très faible débit. Ainsi, vous mettez toutes les chances de votre côté pour que bébé reprenne bien le sein après.
  • Un entourage qui vous supporte. Et ça, si vous voulez réussir à allaiter, c’est LE PLUS IMPORTANT. Avoir un amoureux qui vous encourage, vous épaule, vous apporte des verres d’eau (lol), se lève avec vous la nuit, etc., ça fait toute la différence du monde. Et c’est le facteur le plus important, pour vrai, d’un allaitement réussi.

Et finalement, si l’allaitement ne fonctionne pas pour vous, ne vous sentez pas mal. On a assez d’affaires de même sur lesquelles ont culpabilise dans la vie. Vous avez essayé et fait de votre mieux? C’est parfait.

 

UPDATE APRÈS 4 MOIS

Ça fait maintenant 4 mois que j’allaite exclusivement, YAY! Je me suis dit qu’on était dues pour une petite mise à jour.

Ça va SUPER bien. Sincèrement, je suis tellement contente d’avoir persévéré. Les 9 premières semaines n’ont pas été l’fun, comme vous avez pu lire. À partir de la 9e par contre, il y a eu un shift. Je ne sais pas si c’est moi qui s’est endurcie, si la bouche de bébé avait assez grossie ou peut-être qu’on s’en venait simplement plus habiles, toutes les deux. Mais à partir de là, c’est devenu de plus en plus facile et ça faisait de moins en moins mal.

Parfois, ça fait encore un peu mal. Mais rien de comparable à avant! C’est légèrement désagréable, tout simplement. Et c’est surtout quand ma fille commence à faire n’importe quoi. Elle est très curieuse donc en fin de boire, elle relève souvent la tête de manière très soudaine pour voir ce qui se passe, alors que mon sein est encore dans sa bouche. (ouch!).

J’ai finalement des moments comme j’imaginais et que j’entendais toujours les mamans vanter. Des moments magiques avec bébé, vous savez? Et oui, j’y ai droit moi aussi! Les boire sont rendus très rapide (quand c’est long, ça prend 15 minutes, mais c’est souvent plus autour de 7-8 minutes), alors on dirait que je veux en profiter. Ce sont nos petits moments à nous, en tête-à-tête. Je n’ai plus besoin d’être distraite pour ne pas penser à la douleur. Je fais juste connecter avec Clara :)

Mes préférés sont ceux du soir et du matin, quand je l’allaite couchée dans le lit et qu’elle s’endort tout doucement pendant que je lui flatte le dos, une petite main agrippée à mon chandail.

J’ai vraiment eu de la chance d’avoir une équipe de support DE FEU! Mon amoureux, ma doula, une marraine d’allaitement supplémentaire et une de mes très bonnes amies. Chaque jour, ces personnes prenaient de mes nouvelles, m’encourageraient, essayaient de m’aider du mieux qu’elles pouvaient et ça a fait toute la différence. C’est grâce à elles (et lui) que je n’ai pas abandonné.

J’y ai pensé, mais je suis tellement contente de ne pas l’avoir fait. Si vous pouvez avoir des personnes du genre, qui vont full vous encourager, ça va vraiment vous aider.

Si vous êtes dans une période pas facile de l’allaitement, pour vrai de vrai, ça va devenir mieux. En tout cas, je vous le souhaite de tout coeur.

Faites juste continuer de vous écouter vous et votre bébé et tout va bien aller. ♥


Chandail d’allaitement de la photo de couverture disponible ici. 

Chandail d’allaitement de la deuxième photo disponible ici. 

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  • Allo Josée-Anne, je suis curieuse de savoir quel type de tire-lait tu as choisi? Manuel, électrique simple ou double?:)

  • Allô! Juste un petit mot pour te dire que je compatis… Je suis passée par les mêmes douloureuses étapes que toi (orteils crispés au moment de la mise au sein, rencontres au CLSC avec des infirmières spécialisées en allaitement, lanoline, crème du Dr Newman, etc.). Rien ne semblait fonctionner, jusqu’à ce qu’on me propose d’utiliser des pansements Mepilex entre les boires (ce sont des pansements qu’on utilise notamment dans le traitement des plaies de lit – c’est étrange, je sais). Ça a permis à mes seins de cicatriser… et j’ai pu poursuivre mon allaitement, éventuellement sans douleur, toute une année! Bref, je ne sais pas si ça t’aidera à ce stade-ci… mais ça aidera peut-être une lectrice de passage ici!

  • Merci pour cet article….je dis également souvent « allaiter c’est peut être naturel mais pas si facile ! ».
    Bonne continuation avec l’allaitement :)

  • Je suis d’accord avec tout ça.
    Moi je n’ai pas eu la patience et après 3 semaines; tire-lait ! Très contente de ce choix et franchement, je suis plus à l’aise que jamais avec mon nouveau rôle de maman.